Le travail de Nhobi se manifeste au travers de lignes à la fois successives, parallèles et complémentaires.

Tout débute en 2014 avec le projet MATUTO.
Sensible à la cause environnementale, l’artiste imagine des petits personnages feuillus et espiègles personnifiant la nature, les Matutos. En langue brésilienne ce mot fait allusion à celui qui vit coupé de la civilisation mais qui possède la connaissance des choses primaires. C’est aussi l’ingénu, le brut, une sorte de sauvage marginalisé et incompris, malhabile sur le plan des codes sociaux mais profondément connecté aux mystères de la nature.

Faire du Matuto un héros est une manière d’attirer l’œil de l’homme urbain sur la disparition de la végétation. Disparition engendrant aussi notre progressive extinction.

Sous cette perspective la vie et la mort sont liées, inséparables et caractérisées par des cycles ; celui de la lumière et de l’obscurité, des saisons, du temps pour chaque chose, la nature en tant qu’éternel éphémère.

C’est ce dialogue qui s’installe entre la collection Matuto et la collection suivante Au-delà des Apparences : du jour à la nuit, des couleurs vives isolées à leur fusion marronnée, de l’explosion créatrice printanière à la décomposition destructrice automnale, de la face humaine enjolivée aux profondeurs de l’inconscient.

Un oxymore organique dont les pôles interdépendants sont constitutifs de la parfaite complexité de la vie qui nous habite et nous entoure.

S’en suit le projet histoire naturelle lui aussi dansant entre les concepts de vie et de mort.
L’idée nait suite à l’incendie de 2018 qui ravage le musée d’histoire naturelle de Rio de Janeiro.
Profondément ébranlé par cet évènement, l’artiste décide d’entamer un travail d’étude de l’anatomie animale. Des vieilles encyclopédies d’histoire naturelles fournissent alors à Nhobi le support tant de recherche que matériel pour développer ce travail.
De l’ossature à la peau, en passant par les plumes et les poils, seulement en noir et blanc sur du papier vieilli, les œuvres proposées nous amènent à réfléchir sur l’importance des traces du temps alors que le vivant s’étiole.
L’on se questionne aussi sur ce classement scientifique purement humain, qui compartimente et hiérarchise les espèces.

Les derniers travaux de l’artiste se rapproche davantage de l’anthropologie du sacré, mettant en avant les liens ancestraux qui ont toujours unis les hommes à leur environnement naturel. Au final une simple histoire de symbolisme, de rites, et d’amour des hommes pour la terre.

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